Manipulation vertébrale

La manipulation vertébrale est une technique manuelle médicale "manœuvre unique, brève et sèche qui porte un segment mobile au delà de son jeu habituel tout en restant dans les limites anatomiques.



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Médecine physique et réadaptation

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La manipulation vertébrale est une technique manuelle médicale "manœuvre unique, brève et sèche qui porte un segment mobile au delà de son jeu habituel tout en restant dans les limites anatomiques. Elle s'accompagne généralement d'un bruit de craquement. " (Dr Robert Maigne) Cette définition exclut par conséquent les techniques de mobilisation, les étirements, les tractions, les massages et les techniques myotensives.

La manipulation vertébrale est indiquée en cas de douleur du rachis en rapport avec un ou plusieurs dérangement intervertébral mineur, qui semble la conséquence de la contracture maintenue de certains faisceaux des muscles mono ou paucisegmentaires (multifidus et rotateurs) ; on parle par conséquent aujourd'hui de serrage articulaire réflexe.

La règle de la "non-douleur et du mouvement contraire" (R. Maigne) veut dire que toute manipulation vertébrale doit se faire dans la direction trouvée libre et indolore à l'examen, par conséquent à l'opposé du mouvement passif douloureux.

Les manipulations de l'articulation sacro-iliaque mais aussi celles concernant les articulations des membres (articulations périphériques) ont des particularités propres et sont pour le moment moins codifiées que les manipulations vertébrales.

Définition

La manipulation vertébrale est un traitement des douleurs communes mécaniques d'origine rachidienne, à côté des autres moyens thérapeutiques que sont par exemples l'utilisation de médications, de ceintures ou corsets, des infiltrations, de la kinésithérapie, de la chirurgie.

Il s'agit par conséquent d'une technique médicale à part entière, bien codifiée, et enseignée en faculté de médecine dans le cadre du Diplôme Inter-Universitaire de médecine manuelle-ostéopathie délivré par 14 facultés de médecine

Historique

S'il est complexe de retrouver une filiation historique parmi les courants particulièrement divers ayant développé des méthodes manuelles de soins, il est plus clair de différencier les théories en marge de la médecine, de celles s'étant intégré dans les cursus universitaires[1].

Le rapport de l'académie de Médecine'est remis en cause du fait d'une méthodologie inadaptée et loin des données actuelles de la science;Selon le Pr Ludes ;"Ce rapport est clairement opposé à l'attribution d'un titre d'ostéopathe ou de chiropracteur pour des personnes n'exerçant pas une profession de santé. Cependant l'étude bibliographique citée aurait gagné en pertinence si elle avait été conduite selon les critères aujourd'hui en cours, et conduite en prenant en compte les publications récentes dans les journaux anglo-saxons à comité de lecture en utilisant les principes du «reviewing» mondial employés dans les sociétés savantes

- - Nous produisons en annexe 4[12] les réflexions de la Société franco-européenne de chiropraxie qui fait état de travaux publiés dans le «journal of manipulative and physiological therapeutics» qui est une revue indexée par Medline

- - De plus le descriptif des protocoles thérapeutiques utilisés dans les articles scientifique cités dans ce rapport ne semble pas suffisamment analysé pour étayer les conclusions de ce dernier'"[13]

Principes

L'indication d'une manipulation vertébrale est posée par le médecin après un examen médical complet, examen général pour éliminer une maladie non mécanique (inflammatoire, infectieuse, tumorale... ) puis examen orthopédique à la recherche de troubles posturaux et de dérangement intervertébral mineur ou de serrage articulaire réflexe; la recherche de signes unilatéraux est principale (douleurs des tissus sous-cutanés, des structures ligamento-musculaires ou articulaires, contractures, signes de blocage unilatéral lors de certaines manœuvres cinétiques) dans la mesure où elle déterminera le sens de la manœuvre, selon l'effet désiré (voir ci-après les modes d'action) et selon les possibilités que donne la règle de la non-douleur et du mouvement contraire; la radiographie préalable est un sujet de discussion (systématique en dessous de 25 ans, et pour le rachis cervical pour l'ensemble des âges selon la SOFMMOO) [8]; La préparation à une manipulation comprend une mise en confiance par l'explication du geste, puis des manœuvres de détente (massages, mobilisations). La manipulation elle-même s'effectue quand un bon verrouillage des segments articulaires sus et sous-jacent est obtenu, et quand le relâchement du patient est suffisant ; l'impulsion peut être minime quand ces deux conditions sont obtenues.

Mode d'action des manipulations

Plusieurs modes d'actions peuvent être retenues [9]

  1. Un étirement des muscles paravertébraux, surtout des muscles profonds (transversaire épineux), dont la contracture réflexe maintenue semble le mécanisme essentiel dans la dysfonction segmentaire (serrage articulaire réflexe) ; les muscles étirés seront ceux du côté le plus symptomatique (douleur, signes réflexes) ; par exemple, pour bien étirer les muscles droits si la lombalgie est à droite, on choisira une manœuvre en rotation-latéro-flexion gauche des épaules, avec une composante en flexion [10]
  2. Un écartement des articulations postérieures (responsable du bruit de craquement par phénomène de cavitation gazeuse), l'étirement capsulaire concomitant ayant un effet inhibiteur sur les contractures musculaires [11]; il y aurait pour certains réintégration d'un méniscoïde incarcéré lors d'un mouvement de flexion-extension[12]; cette action doit se faire cette fois-ci du côté de la douleur : pour une lombalgie droite sera par conséquent effectuée une rotation droite du plan scapulaire (à condition que cette direction ne soit pas douloureuse).
  3. Un étirement ligamentaire : mise en évidence d'une réponse électromyographique du multifidus lors de l'étirement du ligament interépineux (réflexe ligamento-musculaire) [13]
  4. Une baisse de la pression intra-discale [14]
  5. Une action non spécifique sur la douleur : activation du dispositif descendant d'inhibition de la douleur (dont l'origine se situe dans la substance grise péri-aqueducale), par l'effet de la contre-stimulation qu'entraine l'étirement brusque des structures innervées.
  6. Un effet placebo : il ne peut être nié, de par la représentation mentale de la vertèbre "remise en place" appuyée par le bruit de craquement, mais aussi par la rencontre d'un thérapeute rassurant réparateur de l'angoisse et de la douleur.

Classification des manipulations

Deux types de manipulations peuvent être différenciées [15] :

Les techniques principales [16] [17]

Les indications des manipulations vertébrales

Elles concernent principalement les douleurs vertébrales d'origine mécanique : lombalgie (plus aiguë que chronique), dorsalgie, cervicalgie; le rapport bénéfices/risques sera moins évident en présence de radiculalgies (sciatiques, cruralgies ou névralgies cervico-brachiales) où le traitement médical (repos, infiltrations, anti-inflammatoires, antalgiques) est prépondérant.

Les contre-indications de manipulations vertébrales

Les accidents des manipulations vertébrales

Ils concernent en particulier la colonne cervicale avec les complications vertebro-basilaires envisageables; une étude danoise de 1996 [18] estime le risque faible (une complication vertébro-basilaire pour 1, 3 million de manipulations cervicales), et a déterminé que le plus grand risque concerne la manipulation en rotation des deux premières cervicales (un cas pour 0, 9 millions) ; Dvorak, dans une revue de 203 praticiens de médecine manuelle en Suisse, a trouvé une complication sérieuse (sans aucun décès) par 400 000 manipulations cervicales, parmi 1.5 million de manipulations cervicales environ[19]; certains ont rapprochés ces chiffres des 3-4 % de complication concernant la chirurgie rachidienne cervicale, avec 4000 à 10 000 décès par million d'actes [20], mais il ne semble pas licite de comparer des indications et des degrés de gravité au départ différents; pour ERNST [21], étant donné que les facteurs de risques spécifiques concernant les complications vasculaires n'ont pas été identifiés, ce qui veut dire que n'importe quel patient peut être en danger (en particulier en dessous de 45 ans), il convient d'éviter la manipulation pour laquelle le risque semble le plus grand : la manipulation du rachis cervical supérieur en rotation.

consulter aussi [14]pour une revue plus complète, mais aussi[15] voir aussi [16]

Polémiques sur le service médical rendu

cette étude de Ernst est contestée ;"their claim that the risks of manipulation outweigh the benefits, and thus spinal manipulation cannot be recommended as treatment for any condition, was not supported by the data analyzed. Their conclusions are misleading and not based on evidence "[17] L'étude Hancock ne comporte, elle que 5% de manipulation vertébrale parmi les "manipulative therapies" étudiées dans cette comparaison[18]

Selon le Pr Philippe VAUTRAVERS, le Dr Jehan LECOCQ, le Dr Marie-Eve ISNER-HOROBETI du Service de Médecine Physique et de Réadaptation du C. H. U. de Strasbourg :" il faut rappeler que les autres traitements utilisés sont aussi responsables de nombreux accidents ; ainsi, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont responsables de 3, 2 accidents (hémorragie, perforation, ulcère, décès) pour 1 000 patients de moins de 65 ans et de 0, 39 accidents pour 1 000 patients de plus de 65 ans. Tous âges confondus, les AINS déclenchent un accident grave pour 1 000 patients (GABRIEL S. E., JAAKKIMAINEN L., BOMBARDIER C. Risk for serious gastro intestinal complications related to use of non sheroidal anti-inflammatory drugs : a meta-analysis. Ann. Intern. Med., 1991 ; 115 : 787-796. ) Il faut souligner que la chirurgie cervicale est responsable, aussi, de la plupart d'accidents neurologiques et de décès' (HURWITZ E. L., AKER P. D., ADAMS A. H., MEEKER W. C., SHEKELLE P. G. Manipulation and Mobilization of the Cervical Spine. Spine, 1996 ; 21, 15 : 1746-1760. )

Notes et références

  1. PIGANIOL Guy et coll. Les manipulations vertébrales; GEMABFC Dijon; 1987; pp 25-33.
  2. [1] la vie de Pierre Brioude
  3. [2] photos du "grand Josso" en action
  4. Still AT. Autobiography -- with a history of the discovery and development of the science of osteopathy. Reprinted, New York, 1972, Arno Press and the New York Times.
  5. LE CORRE F, HALDEMANN S. La Chiropraxie, collection "Que sais-je ?" Presses universitaires de France 1986
  6. voir l'article "Doctor of Osteopathic Medicine" dans Wikipedia anglais
  7. [3]rapport de mission du Pr Bertrand Ludes sur l'ostéopathie et la chiropraxie 2007
  8. Cat. Inist
  9. VAUTRAVERS P, MAIGNE JY mode d'action des manipulations vertébrales. Rev Rhum 70 (2003) 713-719
  10. JY MAIGNE. Manipulation lombaire et règle de la non douleur. Rachis lombaire et thérapies manuelles. Sauramps medical p 49-52; 2006.
  11. INDAHL A et coll. Interaction between the porcine lumbar intervertebral disc, zygapophysial joints, and paraspinal muscles. Spine 1997; 22 :2834-40.
  12. BOGDUK N. Anatomie clinique du rachis lombal et sacré; Elsevier 2005; p. 273
  13. SOLOMONOW M et coll the ligamentomuscular stabilizing system of the spine. Spine 1998 23 (23) 2552-62
  14. MAIGNE JY, GUILLON F. effet des manipulations sur le segment mobile lombaire. Réflexions sur leur mode d'action. Rev Med Orthop 1993; 34 : 7-9.
  15. SALMOCHI JF. La tenségrité : une nouvelle compréhension du mode d'action des manipulations vertébrale. Rés Eur Rachis; aout 2006 N°43, 1808-1814
  16. MAIGNE R. Diagnostic et traitement des douleurs communes d'origine rachidienne. Expansion Scientifique Française. 1989
  17. COQUERON M, CHEVALER V, MARTHAN J, VAUTRAVERS P. Techniques manipulatives du rachis et des articulations périphériques. Encycl Med Chir, Elsevier, Kinésithérapie-Medecine physique-Réadaptation, 26-084-A-10, 2001, 9 p.
  18. KLOUGART N, Lebœuf-Yde C, Rasmussen L. "Safety in chiropractic practice, Part I; The occurrence of cerebrovascular accidents after manipulation to the neck in Denmark from 1978-1988. ". J Manip Physiol Ther 19 : 371-7.
  19. DVORAK J, Orelli F. How dangerous is manipulation to the cervical spine? Manual Medicine 1985; 2 : 1-4.
  20. The cervical spine research society editorial committee. The Cervical Spine, Second edition. Philadelphia : J. B. Lippincott Company 1990 : 834.
  21. Spinal manipulation : Its safety is uncertain. Edzard Ernst, CMAJ, January 8, 2002; 166 (1)
  22. ERNST E, CANTER PH A systematic review of spinal manipulation. JR Soc Med. 2006 Apr;99 (4)  :192-6
  23. HANCOCK MJ & coll. Assessment of diclofenac or spinal manipulative therapy, or both, in addition to recommended first-line treatment for acute low back pain : a randomised controlled trial. Lancet, 2007;370 : 1638-43
  24. exemple d'orthèse rachidienne lordosante

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