Carboxythérapie

La carboxythérapie est l'injection sous-cutanée de dioxyde de carbone pour des raisons esthétiques.



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Médecine non conventionnelle

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La carboxythérapie est l'injection sous-cutanée de dioxyde de carbone pour des raisons esthétiques.

Histoire

La carboxythérapie est aussi nommée CDT, Carbon dioxide therapy, Carboxytherapy, Carbotherapy ouCarboxy-mesotherapy.

Connaissant une recrudescence d'intérêt depuis les années 2000, la technique d'injection de CO2 médical par voie per cutanée ou sous-cutanée a été découverte en France dans les années 1930 aux cures thermales de Royat dans des applications originellement vasculaires. Les bains riches en CO2 thermal avaient en effet pour propriété supposée de soulager les artériopathies des membres inférieurs par effet vasoactif et effet Bohr. Les médecins thermalistes ont expérimenté des injections sous-cutanées directes du même gaz. On retrouve dans la littérature des applications thérapeutiques dans la prise en charge des cicatrisations des ulcères à composante vasculaire. Les applications esthétiques des injections de gaz CO2 ont été publiées par les Italiens D'Aniello et Brandi de l'Université de Sienne dans le cadre de recherche de traitement contre l'effet peau d'orange de la cellulite.

La technique est aujourd'hui particulièrement répandue dans les pays d'Amérique du Sud, surtout au Brésil, avec une gamme d'indications élargie : cellulite, graisses situées, rides, vergetures, cernes péri-oculaires, relâchement cutané. On retrouve d'autres indications comme le traitement de la perte des cheveux, le psoriasis… sans qu'une preuve scientifique étayée ne vienne pour l'instant confirmer ces orientations. On retrouve des applications de la CDT liées à la prise en charge des cicatrices chirurgicales et d'acné sans qu'aucune étude clinique ne puisse confirmer. Les injections de CO2 forment une technique en cours de validation et des études cliniques seraient nécessaires pour pouvoir affirmer certaines allégations thérapeutiques qui restent par conséquent pour l'instant expérimentales.

Indications

Indications vasculaires 
Indications dermatologiques esthétiques 
Indications dermatologiques médicales 

Contre-indications

On retrouve habituellement dans la faible littérature les contre-indications évidentes :

Habituellement, on intègre dans les contre-indications :

Effets indésirables immédiats

Les patientes rapportent le plus fréquemment des sensations fugaces pendant l'injection. Le passage du gaz est fréquemment décrit comme une sensation de décollement de la peau, de passage d'eau qui coule sous la peau, de fourmillements se diffusant à distance du point de ponction. Certains effets décrits fluctuent selon la technique d'injection ou du lieu :

Injections sous cutanées 

Les patients injectés au niveau des membres inférieurs peuvent rapporter des sensations de faiblesse musculaire ou de membres engourdis durant la session de CDT et dans les minutes qui suivent. Ces effets sont résolutifs avant la sortie du cabinet.

Les phénomènes vasculaires amènent certains patients à rapporter des phénomènes vaso-actifs accompagnés de chaleur/frissons avec, rarement, un phénomène vagal. Il est prudent de disposer d'une trousse d'urgence conçue pour gérer ce problème.

Les patients injectés en sous-cutané au niveau des bras décrivent de façon particulièrement fréquente (2 fois sur 3 dans la pratique) une sensation d'anesthésie de l'avant-bras ou de la main au cours de la séance et dans les minutes qui suivent l'injection. Ces effets sont résolutifs avant la sortie du cabinet.

Les patientes traitées par CDT en sous-cutané dans les graisses situées rapportent des douleurs variables selon le mode d'administration et de la progressivité d'instauration du débit. On retrouve des constantes dans la naissance des douleurs qui peuvent être vives (décrites comme brûlures, pression type étau)  :

Les injections intradermiques 

Les injections intradermiques des paupières et du pourtour de l'œil sont rarement douloureuses mais provoquent un gonflement des deux paupières, en particulier de la paupière supérieure avec un inconfort et quelquefois une impossibilité d'ouvrir l'œil pendant quelques minutes.

Les injections intradermiques du cou et du décolleté sont quelquefois douloureuses avec sensations de brûlure pendant l'injection puis suivi d'une sensation de chaleur dans les 10 à 15 minutes.

Les injections péri-buccales intradermique sont constamment douloureuses et réclament une anesthésique par EMLA en l'absence de contre-indications.

Complications

Les complications se superposent pour la majeure partie aux complications de la mésothérapie aujourd'hui bien connues : infections bactériennes, virales… le plus aisément gérables de façon codifiée en préventif par des règles d'hygiène et de préparation du matériel.

On retrouve dans les complications habituelles la survenue d'hématomes dans 20% des cas à peu près comme dans toute technique de mésothérapie. On peut supposer que l'effet vasodilatateur et d'augmentation du flux sanguin par le CO2 augmente le risque. Il n'y a aucune étude clinique comparative disponible.

Pour les injections intra-dermiques, surtout au niveau des yeux, la complication principale réside dans l'injection d'oxygène (ou d'air) résultant d'une mauvaise purge de la tubulure. L'injection d'O2 intradermique provoque une réaction inflammatoire quelquefois intense avec érythème/œdème/douleur pouvant durer à peu près 5 jours. On peut les traiter par le froid local, les topiques anti-inflammatoires, rarement des antalgiques de premier niveau per os.

Bibliographie

Il existe peu de références bibliographiques rigoureuses en matière de traitement par dioxyde de carbone en matière esthétique. On retrouve par contre de multiples références dans la bibliographie angiologique. On peut trouver toute la bibliographie sur www. cure-thermale-royat. com

Pour ce qu'il est de l'esthétique, on retrouve principalement 2 publications et études de l'Université de Sienne concernant les graisses situées. Enfin une publication sur la stimulation de la synthèse du collagène.

  • The Mondial college of carbon dioxyde sciences, Fribourg en Brisgau (Allemagne), 12 janvier 1997 ; la Chaîne carbothermale européenne, Royat (France), 23 juin 1997 ; the Society of study of artificial carbon acid springs à Yamanashi (Japon), 17 avril 1998.
  • Duchêne-Marullaz P, Talvard J. Influence d'injections sous-cutanées de gaz thermal de Royat sur la teneur en anhydride carbonique du sang veineux efférent. Thérapie 1986;21 :143-6
  • Jordan F, Faucon G. Diffusibilité de l'anhydride carbonique, pH régional et régulation vasculaire périphérique. CR Soc Biol 1958;152 :706-9
  • Ambrosi C, Delanœ G, Effets du gaz thermal sur les piézogrammes distaux. Addendum. Cahiers d'artériologie de Royat 1984;10 :43.
  • Pochon P. Observation par effet Doppler des effets de la cure thermale de Royat. Press Therm Climat 1979;4.
  • Komoto Y, Nakao T, Sunakawa M et a. Elevation of tissue PO2 with improvement of tissue perfusion by tropically applied CO2. Adv Exp Med Biol 1985;222 :637-45.
  • Schnizer W, Erdl R, Schöps et al. The effects of external CO2 application in human skin microcirculation investigated by laser Doppler flux flowmeter. Int j Microcirc Clin Exp 1985;38 :343-50.
  • Bedu M, Cheynel J, Gascard JP, Coudert J. Transcutaneous CO2 diffusion : comparison between CO2 spa water and dry gas in Royat thermal spa. In : Strano A, Novo S, eds. Advances in Vascular pathology 1989 :1109-14
  • Coudert J, Bedu M, Cheynel J, Savin E, Martineaud JP. Effets vasculaires de la diffusion transcutanée du dioxyde de carbone d'origine thermale. Press Therm Climat 1991;128 (3)  :110-4.
  • Lecomte J, Namur M, Juchmes J. Propriétés physiologiques du bain carbo-gazeux de Spa, bain local et CO2 sec. Rev Med Liège 1975;30 :657-65.
  • Delahaye R, Cheynel, Savin E, Verny C, Vidil J. Place de la crénothérapie dans la prise en charge et la rééducation des artériopathes. In : Herisson Ch, Jambon Ch, Casillas JM, eds. Pathologie vasculaire des membres. Paris : Masson, 1993 :115-28.
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  • Ambrosi C, Delanœ G, Action thérapeutique du CO2 naturel injecté sous la peau dans les artériopathies des membres. Étude expérimentale. Ann Cardiol Angeiol 1976;25 (2)  :93-8.
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  • Hartmann B. - Result of the Consensus-Finding Conference on Carbon Dioxide Balneotherapy-

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  • Æsthetic Plast Surg. 2001 May-Jun;25 (3)  :170-4. Carbon dioxide therapy in the treatment of localized adiposities : clinical study and histopathological correlations. Brandi C, D'Aniello C, Grimaldi L, Bosi B, Dei I, Lattarulo P, Alessandrini C. Unità Operativa di Chirurgia Plastica, Università digli Studi di Siena, Policlinico

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